
Mon grand père Julien, le radio-précurseur de la famille.
Julien Collard 1906 - 2003 en 1921. Mon grand père quitte son pays natal, le Morvan, avec sa famille pour venir vivre à Paris. A 15 ans tout est nouveau pour lui, d'un naturel curieux et inventif il s'interesse et se passionne pour les nouvelles technologies. D'abord l'aviation, il effectuera son service militaire au Bourget , et surtout la radio. Tout jeune, il construit son premier poste à galène puis d'autres récepteurs qu'il perfectionne sans cesse et en pourvoit tout son entourage. C'est de lui que me vient je crois le virus des postes de radio et mon métier de producteur de programmes. |
Quand j'allais très jeune chez mon grand-père, rue Jacob à Paris dans un très vieil immeuble, j'étais intrigué par son atelier dans le fond de son appartement où il y avait encore des tours électriques et des outils biscornus qu'il avait utilisé pour son métier. L'appartement était encore en 110 volts, et sur un buffet, près de son fauteuil, trônait un superbe poste Pathé Marconi en bois. J'étais absolument fasciné par cet objet qui était assez rarement allumé dans la journée quand je venais. Parfois il me faisait un tour de magie. Il captait un poste lointain en ondes courtes, et touchait de son doigt la partie métallique en dessous du cadran, et le poste lointain sonnait alors fort et clair et le fabuleux oeil magique vert se resserrait.
J'entendais là des paroles mystérieuses. Mais j'allais en savoir beaucoup plus des années plus tard ... A la campagne, il y avait aussi un magnifique poste à lampes, qui ressemblait à mon Nordia du garde meuble, mais ce n'était pas cette marque. Comme souvenir, je me souviens de me laver dans une grande bassine dans la cuisine au son des "Rois Mages" de Sheila, ce qui nous replace en 1971, mais j'ai pourtant de plus lointains et confus souvenirs de ce poste et de cette époque. La radio qu'on écoutait était surement d'état, car après à l'âge du transistor sur la cheminée, nous étions des fidèles, à midi du Jeu des Mille Francs présenté par Lucien Jeunesse.
Eh oui, j'ai vu ça, et Thierry La Fronde, les Chevaliers du Ciel, qui étaient diffusés les après-midis et qu'on regardait d'abord chez la voisine, puis à la maison par la suite. Mais c'est plutôt une histoire de télévision. Continuons sur la radio.
Il me parlait souvent des bobinages, et de l'écartement entre eux, de l'effet de main, et il devait capter les ondes les plus courtes pour l'époque, puisque je me souviens encore l'entendre dire qu'il avait entendu des émissions venant de la Préfecture de Police !.. Il fabriquait des postes pour toute la famille par exemple celui ci, écouté attentivement par le chat Gros Gris chez mon arrière grand-mère.
Pendant la guerre, il avait fabriqué un cadre antenne (voir photo) pour éliminer le fameux brouillage de la Wermacht sur Radio Londres ...
Et il y arrivait sans trop de mal, semble t'il ?.. Avec cet outil imaginé par lui, il pouvait écouter Pierre Dac incendier Jean Hérold Paquis. Il y a un jeu de fiches sur le cadre. Il devait y avoir une combinaison de bobinages ... Le cadre s'orientait au millimètre sur un pied ... Ca reste un mystère. De toutes façons, Radio Londres en français a disparu et le brouillage aussi ... Forcément ! |